Concerto pour Bartavelles en duo majeur avec Clint

Un jour sans relief qui ne décourage pas mon ardeur et ma passion, je tente ma chance sur les bartavelles ! La marche d'approche n'est pas aussi plaisante que d'habitude car les conditions dantesques ne me permettent pas d'admirer ce panorama exceptionnel des montagnes d'azur, au moins je suis sûr de ne croiser personne ! Dès fois je me dis que je dois être un peu malade ! Clint ne semble pas être perturbé le moins du monde par ce brouillard digne de Londres, rien de plus normal pour un setter anglais somme toute ! Point de Big Ben qui sonne mais juste la clochette qui retentit gaiement, mon chien inspecte en ordre la montagne qu'il connaît par coeur. Nous arrivons dans un secteur favorable et je sens que les oiseaux ne sont pas loin. Le silence se fait brusquement, il faut vite localiser mon partenaire ! Je pense qu'il est à cinquante mètres au dessus de moi dans une prairie alpine parsemée de petits pierriers. Je hâte le pas pour arriver au plus vite vers lui et je l'aperçois statufié dans un arrêt magnifique ! Essouflé, je n'ai pas le temps de me placer et la compagnie décolle dans un fracas d'ailes en se séparant dans trois directions. La faible visibilité m'empêche de tirer, Clint ne m'en tient pas rigueur et repart en quête prestement. Soudain, j'entends des cris stridents qui résonnent dans la rocaille et me remplissent d'une grande excitation, les perdrix royales sonnent le rappel en ordre ! Je marche vite en travers dans un petit bois de mélèzes et prends malgré tout le temps de contempler des edelweiss. Je stoppe net, des chants viennent vers moi et Clint n'est pas revenu. Je pose mon sac à dos et me fais totalement silencieux, le concert de bartavelles commence et ne cesse de se rapprocher de moi, unique mélomane privilégié en ce lieu enchanteur. Cet opéra tragique va se terminer sans mon compagnon qui doit assister à une représentation privée de son côté car cet univers minéral n'est plus qu'un immense chant qui se propage de roches en roches ! Je n'y vois pas à cinq mètres et tout à coup trois magnifiques bartavelles sortent à pattes avec majesté de la brume sans m'avoir vu. Quel spectacle grandiose, j'ose à peine respirer et décide de précipiter les choses avant que les oiseaux ne tirent leur révérence derrière ce rideau opaque. Aussitôt mon fusil levé, les musiciennes prennent leur essor et je choisis en une fraction de seconde pour victime celle qui a décidé de plonger dans la pente vers un illusoire salut. Une détonation sourde claque, un bruit de chute dans les pierres puis un silence sourd, la représentation est terminée ! Clint comme par enchantement surgit du néant et me ramène mon trophée avec une grande joie.


Article ajouté le 2007-01-02 , consulté 218 fois

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