Chasse aux Tétras de Laponie

Dimanche 27 Août 2006, le jour vient juste de poindre et l'immensité des paysages de la Laponie suédoise s'offre à  ma vue. On roule sur la piste et je vois un énorme tas de crottes. Je demande à mon guide Emil qui me répond presque normalement ''bear shit'', un  ours est dans les parages, pas de doute je ne suis pas dans les Alpes Maritimes !

On marche depuis un petit quart d'heure quand un grand tétras male s'envole au loin. Mon regard le suit émerveillé sur la droite quand une dizaine de volatiles prennent leur essor sur ma gauche. Astro, le superbe setter anglais lemon d'Emil, avait marqué un bref arrêt que je n'avais pas remarqué tant j'étais subjugué. Le vieux Remington semi-automatique de location monte rapidement à l'épaule et ma première cartouche de 6 Magnum tirée déchire la quiétude des lieux. Une grosse forme noire bascule et choit dans la mousse de la forêt primaire boréale. Mon rêve vient de s'accomplir : le mythique grand tétras est devenu une réalité !

Le temps de faire une belle photo et de parcourir 500 mètres, le chien se bloque et une compagnie de petit coqs de bruyère démarre sans me laisser le temps de me placer. Une demi-heure plus tard, Astro en retrouve et je peux en prendre un. Un peu plus loin un oiseau décolle, Emil me crie de tirer mais j'ai trop hésité et je manque un superbe lagopède des saules. En retournant à la voiture, nouvel arrêt et un jeune grand tétras essaie de s'enfuir en vain.

Ceci n'est pas une fiction mais juste ma première matinée de chasse dans cette contrée magnifique et totalement préservée de l'Europe septentrionale.

Un petit '' bémol '' cependant, mon fusil me laisse tomber. Qu'à cela ne tienne Emil me propose un vieux superposé qui ne date pas d'hier ! Il ne paie pas de mine mais il me monte bien à l'épaule et il fera de loin l'affaire ! Je l'inaugure l'après midi même avec ma première gelinotte des bois et encore une fois mon premier coup tiré avec une arme inconnue. Astro se bloque plus loin et je ne peux qu'entendre le bruit des ailes des lagopèdes sans pouvoir les voir. Au retour j'ai la chance d'apercevoir au loin dans la prairie marécageuse, 3 magnifiques élans.

 

Depuis le début de mon séjour le temps est superbe, ensoleillé et chaud, mais ce matin il pleut. Plusieurs gelinottes se dérobent sans que je puisse les tirer. Gibier diabolique au demeurant qui fuse d'arbre en arbre mais que bien souvent on pourrait tirer posé, ce que je m'interdis bien entendu. Astro a senti quelque chose et des coqs doivent le faire tourner en bourrique. Une compagnie de grand tétras s'envole mais pas de vieux males, un jeune inexpérimenté se branche dans un haut sapin et me laisse approcher. Il est peut être de l'année mais cela reste quand même un grand coq de bruyère et présente une taille acceptable ! On fait un boucan du tonnerre mais il refuse de s'envoler. Finalement il se décide et me surprend totalement mais malheureusement pour lui il se repose pas loin. En temps normal j'aurais laissé tomber mais on ne rencontre pas tous les jours ces volatiles par chez nous! Il s'envole à nouveau à grande vitesse, j'effectue le swing et appuie sur la détente. Le coup ne part pas car la sécurité est bloquée ! Je ne me démonte pas pour autant en l'enlevant rapidement et le jeune et fier oiseau finit son éphémère existence sur un tas de myrtilles arctiques.

Plus loin le setter se met à l'arrêt et une gelinotte fuse sur ma droite, un beau tir la stoppe aussitôt. Emil est content pour le chien car ces diables d'oiseaux se laissent rarement bloquer. Je suis un peu ''déçu '' car je n'ai pas encore vu de compagnie lagopède des saules. L'après midi j'attrape presque coup sur coup deux tétras lyre après un excellent travail d'Astro. Je revois encore la compagnie décoller en même temps qu'une de grand tétras, quel spectacle grandiose ! Aux dires de mon guide c'est plutôt rare que ces oiseaux se mélangent. Les conditions climatiques exceptionnellement clémentes cette année pourraient expliquer cela, les oiseaux se regroupant tous autour de maigres points d'eau. Le temps de changer de secteur, une bonne vingtaine d'ailes blanches gicle dans la figure d'Emil, qui est en contrebas, et éclate tous azimuts ! J'aperçois furtivement un élan sur ma droite qui prend la tangente et  je cours vite sur ma gauche. Une fusée décolle juste à limite de tir, je lâche le deuxième coup qui fait mouche. Un coup de longueur et je tiens enfin mon premier lagopède des saules !

Mémorable donc puisque j'ai eu le grand privilège de prélever les quatre espèces de tétras le même jour !

Chaque sortie se traduit par la vue d'innombrables tétraonidés, on se demande même comment de telles densités peuvent encore exister ! Que ces chers suédois protègent encore pour longtemps ce merveilleux capital, relique de l'ère glaciaire !

Un matin je loupe deux lagopèdes relativement faciles mais qui me partent dans le dos et le 6 Magnum n'est pas très approprié pour tirer de près ! On fait une pause quand ce diable d'Astro revient tout content avec un dans la gueule ! Ce n'est pas le mien mais un blessé de la veille par un autre chasseur. On se lève pour repartir quand 5 ou 6 oiseaux nous démarrent à quelques mètres, ces coquines de blanches étaient à 

côté de nous sans bouger ! Je fais une centaine de mètres et deux s'envolent, je peux tirer qu'une fois et un magnifique adulte stoppe son vol.

Un après midi sous une forte chaleur, Astro coule sur une compagnie de petits coqs qui démarrent sans crier gare ! J'ai le privilège de faire le doublé et quand je recharge un attardé s'envole et me fait donc réaliser un ''faux triplé'' !

Deux jours avant mon départ, Emil m'emmène dans un secteur pas trop éloigné d'un golf et des lumières de la ville. Je suis un peu sceptique mais je vais vite admettre que je dois faire une confiance absolue à mon super guide qui aura toujours été d'excellents conseils ! Tout d'abord on voit une compagnie d'une bonne vingtaine de tétras lyre que je ne tire pas car ils me paraissent trop jeunes. Et puis on longe une rivière où Emil pense que l'on va rencontrer du lourd venu prendre l'apéro du soir, il ne croit pas si bien dire ! On va voir une bonne trentaine de grands coqs et je ''loupe'' une occasion en or avec un vieux male. Avec ma totale inexpérience sur ce gibier, et du fait que je me refuse de tirer sur les poules (légal en Suède), j'ai un temps d'hésitation fatal pour identifier un énorme coq au milieu de 4 poules. Je le retrouve 300 mètres après mais il part un peu loin et à grande vitesse, mes deux coups rapides ne sont pas bien dangereux ! Cinq minutes plus tard, je relâche encore deux coups sur un autre vieux diable noir mais en vain !

Que d'émotions et je dis au guide : ''quand je reviendrai en Laponie je ferai faire une plaque pour baptiser cet endroit magique Capercaille Avenue (l'avenue des grands tétras)''

Au passage cet après midi la fut la seule sortie ou je rentrais bredouille mais elle fut exceptionnelle tout de même !  

Toutes les bonnes choses ont une fin et je décide de finir à l' endroit où j'avais commencé. J'ai de surcroit la lourde tache d'assurer le repas du soir ! Je m'en acquitte avec succès avec une gelinotte, un petit coq et un magnifique grand tétras qui feront le bonheur de mes papilles au chalet en ce dernier soir. Il restait juste deux heures et je demande à Emil de m'emmener à ''Capercaille Avenue'' pour essayer de retrouver le vieux male. Il pleut, je cours, je vole tant je suis excité et manque même de rester coincer dans un marécage ! Emil me tire de ce léger embarras en riant et comprend mon état !

On le retrouvera mais par deux fois il sera plus malin que moi ! J'entends encore le fracas du bruit de ses ailes sur ma gauche (j'ai cru un instant que c'était le tonnerre !) et son vol au loin vers le salut de la forêt arctique !

Au total mon séjour se terminera par 5 grands tétras, 8 tétras lyre, 3 gelinottes et 2 lagopèdes des saules. Patrick le directeur de Magic Lapland va même me féliciter en m'envoyant un e-mail :

 

Salut Philippe,

Emil et moi avons fait le point des statistiques d´oiseaux tués en forêts sur la période 25.08-30.09.

La moyenne d´oiseaux tués est de 2,17 oiseaux/chasseur/jour.

Le ''meilleur'' chasseur est ''Monsieur Philippe Gioanni.''....Bravo

Philippe avec 3,6 oiseaux/jour en moyenne. Et encore tu n´as tiré que sur des mâles....heureusement car il ne resterait rien pour les autres!!!!!!!!!!!! Félicitations Philippe tu es vraiment un très bon chasseur et tireur.....

Ce petit message pour t´encourager ce weekend....Encore toutes nos félicitations.

Nous t´attendons l´année prochaine avec tes copains.

Amicalement

Patrick

 

Sinon je vous invite à visiter le site de Patrick Willems, qui parle français, qui propose d'autres activités comme la moto-neige: http://magiclapland.se



Article ajouté le 2007-07-02 , consulté 210 fois

Commentaires


Jean-Marie - 83 le 09/08/2009 à 15:59:02
Je n'ai pas le talent de mettre des mots sur mon voyage, mais les votres le font pour moi.
Cadre ideal de Chasse pour le chasseur, meme si la saison n'etait pas au top, et ideal egalement pour le reste de la famille pouvant allier chasse et ballades en chiens de traineaux avec ma femme et mon fils.
Bravo a Magic Lapland !

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens



Retour aux articles